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De tout ceux qui exercent les métiers du son, le sonorisateur est sans doute le plus mal
considéré.
Il est trop souvent pris pour un technicien de seconde zone, par les artistes et le public qui pensent sans doute ,que le matériel qui lui est confié est magique. Que cet imposant
matériel peut tout faire, qu'il suffit d'appuyer sur le bouton "Marche".
Que ce métier est simple et à la portée de n'importe qui.
Dans cet état d'esprit, beaucoup trop de gens pensent qu'un tel type n'a aucune sensibilité, aucun sens artistique et à travers cette pensée ne
valorisent que les ingénieurs du son du disque et du cinéma. Il est vraiment dommage qu'une hiérarchie imbécile se soit installée dans les métiers du son dont la vocation est avant tout
artistique. Il est bougrement navrant que les écoles spécialisées ne luttent pas contre cet état d'esprit et le communiquent à leurs élèves.
Foutaise, ce métier est tout autre et ceux qui pensent ce qui précède, sont des ignorants.
Oh! bien sur, comme dans tous les corps de métiers, il y a, les très bons, les bons et les mauvais, mais le taux de médiocrité n'y est pas
supérieur.
Rien n'est magique autour du sonorisateur.
Ce métier nécessite de grandes qualités intellectuelles et physique. Il faut avoir la sensibilité à fleur de peau, et une force de caractère peu commune pour supporter ses nombreuses
contraintes..
La salle, la scène, les conditions de transport et d'installation scénique, les repas sautés, et comme je le note plus haut le peu de considération de ses congénères, font, qu'il vit
dans un univers difficile, et trop souvent hostile.
Leurs pires ennemis techniques sont l'effet Larsen, les fortes réverbération de salle et de scène, les installations de salles inadaptées au spectacle, les mauvaises terres , les câbles
endommagés, le trop court temps imparti à l'installation ....
Le rôle premier du sonorisateur est de rapprocher les artistes de leur public, de les faire communier ensemble en quelque sorte.
Il
doit trouver les solutions pour que:
- les artistes évoluent auditivement confortablement sur scène.
- que le public perçoive finement ces derniers, en masquant parfois les défaillances des artistes.
La prise de son n'a rien de magique. Les microphones ne sont pas équipés de têtes chercheuses et n'ont pas l'instinct de se placer dans un champ sonore favorable à l'instrument ou à la
voix. Seule l'expérience du sonorisateur, fait qu'ils sont correctement placés, sans jamais géner l'évolution des artistes.
Un
sonorisateur doit être en mesure de comprendre instantanément le style de musique jouée,
déceler la particularité de l'artiste, connaître le fonctionnement de nombreux instruments, en mémoriser les timbres, s'adapter aux techniques instrumentales de chacun, prendre les repères
indispensable à la conduite du spectacle et déterminer les limites de la chaine électroacoustique qu'il contrôle.
Lors du spectacle, sa vue ne quitte pas la scène. Son audition est en analyse constante. Il doit intervenir vite, souvent prévoir. Son appréciation et les gestes qui en découlent sont
obligatoirement précis et rapides.
Il n'aucune possibilité de revenir sur un évènement .
Le mixage n'a rien d'automatique, c'est la conjonction, de ses connaissances techniques et artistiques, qui guide le sonorisateur. Il perçoit le public et modifie si nécessaire son " mix " fonction de l'ambiance en salle. Il est l'interface indispensable entre la scène et le public .
Son jugement et ses actions vont dans le sens du spectacle, il en est l'un des acteurs majeurs.
Tout cela nécessite un vaste champ de
connaissances , des oreilles exercées, de la psychologie, une grande résistance physique et un sens aigu des responsabilités.
La sonorisation est un noble métier.
JCB